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Le silence

Le silence

 

Mains accrochées aux barreaux, impossibilité de bouger,
De sortir. Ma vie croupi depuis si longtemps dans ce cachot
Jours passés à compter ces tiges de fer,
Qui me séparent du ciel.
Rien, impuissance au travers du silence.
Tout avait commencé ce jour où, armé de lampes et de cordes,
Mes pas m'avaient portés au sein de la forteresse,
Lieux inquiétants et  troubles, hantés,
Écho aux songes d'une vie révolue.
Bruit de mes pas parcourant le long couloir d'entrée,
Portes qui sous la pression de mes mains,
S'ouvrent, grincent, toiles d'araignées, nuages de poussière, atmosphère pesante....
Mon désir de voir plus, aller plus haut, des chambres aux greniers,
De la grande cuisine aux caves,  tous ces pas,
Toutes ces portes ouvertes toute cette poussière levé,
Silence violé,  vacarme produit par mon passage en ces lieux,
Crissement, toux.
Le passé renaissait sous mes doigts,
L'ancienne cheminée où la cendre endormie,
Vestige, emprunte d'un feu. L'escalier en colimaçon,
La tour, chaque pas résonnant comme en cadence au rythme de mon cœur.
L'étrange petite salle ronde ou ce cœur s'arrêta,
Vision d'un autre monde profond, trouble.
Es-ce là que tout se mit à tourner ?
Que j'eus  soudain le vertige, emporté par un étrange phénomène.
Es-ce là que je devais me retrouver enfermé ?
Dans cette cellule de pierres grises, lugubre.
Dans ce repos infernal où ne vivait plus que le son de ma voix.
Le temps s'arrêta m'emprisonnant pour l'éternité.
Abîmes sans fin, face aux barreaux, à l'épaisse porte de bois renforcé.
Face à l'étrange présence qui me faisait vivre au jour le jour
Nul nom nul visage
Attente, espoir dans l'attente, je ne savais plus rien,
Plus rien ne ressemblait à rien, rien.
Le regard qui heurte les murs
Mes mains sur mon  corps prisonnier,
Cerveau enfiévré se répétant des histoires de vie
Je ne savais plus rien, rien
Je m'endormais dans le silence
Rapprochant les murs, Recréant d'autres tours,
D'autres salles, couloirs où faire résonner mes pas,
Illumination
Lumière dans les yeux, mains qui me griffent,
Fatigue m'endormant l'esprit.
Je sentais glisser en moi un sang chaud, reste de vie, survie,
Faisant revivre le désir de respirer, hurler,
Percer aux travers de ces pierres comme une jeune plante, vers le soleil.
Vaincre la nuit, La peur du froid  au fond du cœur, le silence
Au plus profond de mon âme l'étincelle
Une main passant sur mon visage, et moi ouvrant les yeux sur un ciel si bleu,

Rejetant au gouffre le gris de ma cellule.
Assise  les yeux clignotants, Choqués par une telle clarté,
Je prononçais enfin mes premières paroles, une voix me répondait.


Anne

AMSR



Article ajouté le 2005-12-09 , consulté 505 fois

Commentaires


RenGoKu35 le 10/12/2005 à 16:28:42
o secours ça veut dire quoi,t'es net t'es sure?
t'es obligé de nous infliger ces horreurs?
La Bohémienne le 10/12/2005 à 19:12:57
Tu as bien de la chance , renGoku de n' avoir jamais une fois dans ta vie traversé le couloir de l' ANGOISSE ....

Mais est ce une chance?

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