La pluie
La pluie
J'écoute s'abattre la pluie,
Sur mon cœur qui s'ennuie.
Je suis là, allongée,
Le visage face au mur.
Mon esprit erre, il pleut,
Je ne puis l'empêcher.
Pourquoi tant de larmes,
Ciel pourquoi pleures-tu ?
Quelle misère et tristesse,
Règne ce matin ?
Il pleut...
Toute cette eau, s'abat sur moi;
Je reste immobile.
Quelque chose ne vit plus, en mon cerveau,
Je suis, je ne sais plus.
Quelque chose est morte cette nuit.
Je vais mourir c'est sûr,
Me noyer au plus profond de ce gouffre.
En ces eaux mystérieuses,
Ou erre le sommeil,
Complice de cet oreiller.
Il pleut, je ne sais plus,
Je n'entends même plus, battre mon cœur.
Suis-je toujours vivante ?
Je sens contre mon corps,
Ces draps au contact si léger.
J'ai beau ouvrir les yeux,
Je ne vois rien. Rien que de noir !
Tout en moi est obscur,
J'essaye de me souvenir,
Peut-être, mais l'oubli ?
Des fragments d'images, défilent dans ma tête.
Je ne puis les retenir, elles partent,
Elles filent à une telle vitesse,
Que j'en suis submergé.
Rien ne peut les arrêter. Rien.
Mes lèvres se desserrent, j'essaye,
Je vais parler, appeler, je vais, je veux, je veux,
Je veux mais n'y arrive pas.
Tout est bloqué. Je ne puis plus bouger.
Horreur ! Horreur ! Que faire ?
Je vais mourir !
Seule sous le poids de mes fantasmes !
O solitude amère renie-moi.
Je voudrais tant sentir une main,
Prendre la mienne.
Je voudrais tant être délivrée.
Je m'enivre de silence.
Oui le silence respire, je l'entends, il me parle,
Reste me dit-il, reste, mais je voudrais fuir.
Il est là contre ma joue, qui murmure, reste, reste.
Non, je veux partir !
Je ne veux plus de ces chaines !
Quand me réveillerais-je, quand ?
Je voudrais faire surface,
Je voudrais, mais je me débat.
O froid, O griserie de l'hiver,
Tu emplis mon âme de noirceur.
Printemps quand reviendras-tu ? Me faire renaître et réapprendre à vivre, O soleil, sous un nouvel éclat,
Voir le jour et pouvoir l'aimer.
Poème de jeunesse (seize dix-sept ans)
Anne AMSR


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