Il était une fois l’ouest
Il était une fois l’ouestCe n’est pas la peine
De se battre contre ta veine.
Et pourtant, rien ne vient
De bien soudain.
Qu’une lueur jaune sale
Et une sacrée déveine.
Mon pauvre ami, viens.
Regarde l’horizon !
Poussière n’est pas ton nom,
Lumière serait plutôt mienne.
Avance, sens le poids de ma main
Sur ton dos, il te pousse, te bouscule.
L’élan est donné, mais c’est toi qui me tire.
Guitare en bandoulière
Sur les chemins, pauvres hères.
Nous voici de compagnie,
La sueur sur le front, les yeux fermés.
Poussière devient ton nom,
Et il est long le chemin !
Même si à l’unisson,
A deux, nous cheminons.
Et lui, un harmonica au coin des lèvres,
L’autre, croisé sur la route.
Il était une fois l’ouest,
Mais bon dieu, qu’il est dur le chemin !
Pour un simple mortel,
Que l’enfer du soleil écrase !
La gorge trop sèche, la guitare si lourde !
Musique...
Nous sommes musique, toi et moi,
Nous sommes fête dans le désert.
Boissons qui coulent à flot.
Une fille danse,
Ses longues jambes marquent la cadence.
Elle danse, légère, elle danse !
Et toi, guitare en main le troubadour.
Un baladin du désert, en plein hiver ?
Dieu qu’il fait chaud !
Elle danse, légère, elle danse
Tous suspendus à ses jambes.
Moment irréel, le temps s’arrête !
Nous regardons la fille, elle nous envoute !
Elle danse encore, belle si légère
Elle pousse la danse.
Quelque chose s’agite en moi,
Es-ce de la voir ainsi remuer
Ses seins et ses hanches ?
Es-ce de remonter ainsi
Mon regard sur ses jambes ?
Mon regard aride, desséché par les vents.
Pauvre troubadour, tu voudrais bien
Dans une grange, au foin, jouer avec la fille.
Mais la route se poursuit et l’instant s’oublie.
D’autres rêves, d’autres chimères,
Allègent et apaisent nos pas.
Longue est cette route !
Baladins du désert, qui jamais ne doutent.
Pauvres idiots qu’un rêve poursuit...
Mais ce n’est pas fini !
Il faut bien chasser l’ennui !
Porter la joie dans les baraques en bois.
.
Un vieux chien aboie, la souffrance
De la corde qui le tient prisonnier.
Lui, aussi, rêve d’une belle
Et d’un moment d’extase.
L’homme à l’harmonica
Car c’était bien lui
Que nous laissons au loin,
Vieille image de l’ouest.
Allez viens, nous sommes deux,
Deux à partager le pain et l’eau.
Deux à partager la peau douce
D’une femme, et les rêves d’une halte.
Anne 2009
AMSR


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